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Édito

Le départ de Geneviève Fioraso

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Geneviève Fioraso était attendue pour visiter CELLforCURE, aux Ulis, le 25 février. La visite a été annulée par ce communiqué laconique annonçant son départ du MENESR (Ministère de d’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur de la Recherche) pour des « raisons de santé » suffisamment graves pour qu’elle eût exprimé l’intention de quitter ses fonctions ministérielles bien avant.

 

Dommage pour la filiale du groupe LFB, dont le plateau de production industrielle de médicaments de thérapie innovante s’inscrit dans le cadre du projet C4C, avec le soutien des PIA (Programmes d’investissement d’avenir) et de BPIfrance. Déçu, son directeur rend hommage à la ministre pour son action en faveur de la recherche et de l’innovation.

La ministre n’aura pas ménagé son engagement au service du transfert de la recherche publique à l’industrie et fin janvier, lors de la remise du rapport « Carnot3.0 »elle affirmait avec force : « Les Instituts Carnot sont de véritables « fers de lance » de la recherche partenariale en France et du transfert pour les entreprises et notamment pour les PME-PMI. En 2013, le gouvernement avait lancé dans le cadre des PIA un appel à projet « Carnot Filière » doté de 120 M€ fléchés sur le soutien du transfert à destination des PME/ETI des filières industrielles ». Elle a également défendu les contrats de doctorants CIFRE.

Avant d’être ministre, Geneviève Fioraso a été cadre à la direction d’une start-up grenobloise du CEA, Corys, puis P-DG  de la SEM Minactec Entreprises, une plate-forme  de valorisation industrielle du Campus Minatec, dédiée aux micro et nanotechnologies. C’est une femme énergique, engagée, qui connaît bien, pour l’avoir vécue avec enthousiasme, la problématique de la création d’entreprise innovante.

Avant les présidentielles de 2012, elle venait de publier un rapport de l’OPECST sur la biologie de synthèse. Nommée au gouvernement, elle s’est inscrite dans la lignée d’Hubert Curien pour “relever le défi de la société de la connaissance“. Elle a fait voter la loi du 22 juillet 2013 sur l’enseignement supérieur. “Une priorité : agir pour la réussite du plus grand nombre” comme elle l’exprime dans son bilan. Présente aux côtés de Fleur Pellerin, lors du lancement de la French Tech en 2013, elle s’est investie dans l’introduction du numérique au service de la recherche et de l’enseignement supérieur et a présidé à la création la plate-forme France Université Numérique (FUN) en octobre 2013 pour initier la production de MOOC (Massive Open Online Courses) à la française. Le 2 mars 2015, un premier bilan annonçait que “90 cours ouverts avaient conquis 650 000 apprenants ».

Le 23 février, Geneviève Fioraso était sur le stand de l’INRA au Salon de l’agriculture aux côtés de Stéphane Le Foll et d’Emmanuel Macron, pour le lancement du premier MOOC sur l’agro-écologie, édité sur la plateforme FUN : le premier d’une série de 6 à 7 MOOC par an sur les Agrosciences, proposés par l’Université en ligne d’Agreenium-IAVFF (Institut Agronomique Vétérinaire et Forestier de France). La secrétaire d’Etat venait aussi de s’associer à Stéphane Le Foll et à Najat Vallaud-Belkacem pour initier un plan Agriculture-Innovation 2025, confiant à 5 personnes et non des moindres la mission de remettre un rapport en septembre 2015.

 

Thérèse Bouveret