Une équipe de chercheurs INSERM/CNRS issus de l’Institut Langevin, de l’Accélérateur de Recherche Technologique en Ultrasons biomédicaux et du Centre de recherche cardiovasculaire de Paris, vient de mettre au point une technique d’imagerie médicale hybride non invasive combinant deux technologies existantes, la tomographie par émission de positons (TEP, ou PETscan) et l’imagerie ultrasonore ultrarapide. Baptisé PETRUS (Positron Emission Tomography Registered Ultrafast Sonography), le dispositif mis au point par Jean Provost, de l’Institut Langevin, et ses collègues permet de réaliser des images tridimensionnelles fournissant simultanément des informations sur l’anatomie, la physiologie et le fonctionnement des organes. La composante TEP, associée à un scanner tomodensitométrique (TDM) pour localiser précisément les organes, permet d’imager leur métabolisme. L’échographie ultrarapide permet quant à elle d’imager à haute résolution et en temps réel un large éventail de paramètres anatomiques et fonctionnels. Les chercheurs ont d’ores et déjà pu tester avec succès leur imageur en oncologie : le système PET-TDM/échographie ultrarapide a été utilisée chez la souris pour suivre simultanément l’évolution du métabolisme et de la vascularisation d’une tumeur au cours de sa croissance. Les essais réalisés en cardiologie ont quant à eux permis d’observer un coeur de rat au cours du cycle cardiaque en superposant des données échographiques temps réel (mouvements de la paroi myocardique, perfusion et rigidité du myocarde) avec les données métaboliques issues de la tomographie. Atraumatique, cette technique d’observation du vivant en temps réel offre de nombreuses perspectives : explorer le lien entre le métabolisme et la vascularisation d’organes comme le cœur, le rein ou le foie, évaluer l’effet de nouveaux traitements anti cancéreux, caractériser les suites d’un infarctus …

Nature Biomedical Engineering (février 2018) 2, 85-94       doi :10.1038/s41551-018-0188-z