Le printemps s’accompagne d’une vague d’entrées en bourse de sociétés de biotechnologies sur la place de Paris, profitant d’un contexte favorable : Theraclion, spécialiste de l’échothérapie pour le traitement non invasif des tumeurs par Ultrasons Focalisés de Haute Intensité (HIFU) sur Alternext Paris comme Oncodesign , TXCell sur Euronext Paris comme Genetic Vision.

 

Genomic Vision (Bagneux), est une entreprise de 40 salariés créée en 2004 par Aaron Bensimon, un chercheur de l’Institut Pasteur. Elle est spécialisée dans la mise au point de tests d’aide au diagnostic de maladies génétiques et de cancers (dont certains seront commercialisés en 2015). Sur la base du « peignage moléculaire», technologie innovante de visualisation directe des molécules individuelles d’ADN, Genomic Vision détecte les variations structurelles du génome à l’origine de nombreuses pathologies graves. Une technologie utilisée dans le cadre de ses recherches par le Pr Arnold Munnich, Chef du service de génétique de l’hôpital UniversitaireNecker-Enfants Malades, dans l’unité Inserm « Handicaps génétiques de l’enfant » qu’il dirige.

 

Cette exploration du génome entier à haute résolution en une simple analyse permet une visualisation directe d’anomalies génétiques non détectables par d’autres technologies.Des fibres d’ADN sont étirées sur des lamelles de verre, comme « peignées », et alignées uniformément sur l’ensemble de la surface. Il devient ensuite possible d’identifier des anomalies génétiques en localisant des gènes ou séquences spécifiques dans le génome du patient par un marquage avec des balises génétiques, une technique brevetée par la société sous le nom de Code Morse Génomique.

 

Genetic Vision a bénéficié du soutien financier de l’Institut Pasteur, mais aussi de SGAM AI, Vesalius Biocapital et Quest Diagnostics, le leader américain des tests diagnostiques en laboratoire. Cette alliance stratégique va permettre à la société qui commercialise depuis 2013 le test CombHeliX FSHD pour la détection d’une myopathie délicate à déceler, la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD), de gagner le marché américain. La société cherche aussi un partenaire industriel du diagnostic un vitro pour se déployer sur le marché européen.

 

« Gagner en compétitivité hors coûts, gagner des parts de marché grâce à l’innovation sont les enjeux majeurs pour les Entreprises d’Innovation et de Croissance françaises. Se basant sur une recherche d’excellence et un enseignement supérieur de grande qualité, les PME et les ETI ont vocation à produire des innovations qui sont ensuite portées sur le marché mondial par les grands groupes » a déclaré Christophe Lecante, Vice-Président du Comité Richelieu et Président de TecKnowMetrix, le 20 mars lors de la signature d’une convention entre les SATT (Société d’Accélération de Transfert et de Technologies) qui couvrent 144 établissements publics de recherche et le comité Richelieu qui fédère 300 Entreprises d’Innovation et de Croissance (E.I.C.) . Cet accord avait lieu pendant les rencontre universités -entreprises.

Si la recherche publique est perçue comme difficile d’accès par les PME, force est de constater que les acteurs industriels sont encore peu impliqués dans le transfert de technologies publiques.

 

Thérèse Bouveret