ENYO Pharma a réalisé une levée de fonds de 22 millions d’euros pour accélérer le déploiement de son programme clinique dans l’hépatite B.

Cette opération menée par Sofinnova Partners, rejoint par l’américain Morningside Ventures et Bpifrance à travers son fonds Innobio, doit permettre de lancer les premiers essais cliniques de Phase 1 courant 2016, avec en perspective, le traitement de patients atteints d’hépatite B chronique en phase 2 d’ici à 2017. Les infections virales constituent un problème de santé publique et socio-économique majeurs : selon l’OMS, plus de 350 millions d’individus chroniquement infectés par le virus de l’hépatite B sont en attente de traitement, dont la moitié en Asie, principalement en Chine.

“Notre vision stratégique repose sur un véritable changement de paradigme dans le traitement des pathologies virales en pleine émergence et pour lesquelles l’arsenal thérapeutique existant est très insuffisant. Par-delà notre programme phare contre l’hépatite B, et grâce à notre approche originale qui consiste à perturber le réseau d’interactions entre les protéines virales et les protéines cellulaires humaines pour empêcher un virus d’agir, nous avons déjà identifié plusieurs nouvelles cibles humaines impliquées dans la réplication de formes sévères de ces virus comme celles qui émergent actuellement pour la grippe ; nous sommes d’ailleurs les seuls à avoir découvert des composés capables de moduler les activités de ces nouvelles cibles, et ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques bien au-delà de la virologie »  déclare Jacky Vonderscher, président d’ENYO Pharma, ancien vice-président chez Roche en Suisse et aux Etats-Unis.

 

La stratégie de recherche de molécules thérapeutiques d’ENYO Pharma repose sur les travaux d’une équipe de l’Inserm de Lyon, constituée des co-fondateurs de cette spin-off :  Pr Patrice André, Dr Vincent Lotteau, Dr Benoît de Chassey et Laurène Meyniel Schicklin. La société a licencié plusieurs brevets Inserm issus de découvertes réalisées par ces quatre scientifiques et a développé une plate-forme unique pour l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques intracellulaires et de molécules actives contre ces cibles. Basée à Lyon, la société a été fondée en janvier 2014 pour développer des traitements contre des infections virales aiguës et chroniques. Elle a été soutenue initialement par un fond d’amorçage (Inserm Transfert Initiative) et des « business angels » (ADV Life Science et Vonderscher & Co), rejoints début 2015 par Sofinnova Partners. Selon Rafaèle Tordjmann, managing partner de ce fonds de capital-risque,  la société est bien placée pour transformer le marché des antiviraux en pleine croissance.

 

AF