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Édito

Financement participatif : une opportunité pour la filière santé

Deux plates-formes de crowdfunding dédiées à la santé sont lancées quasi simultanément en juin : My Pharma Company, le 12, et Hoolders Santé, officiellement le 24, lors du 1er crowdfunding LiveBiotech. Il en existe déjà une troisième, Wellfundr, créée par Fabrice Nabet, axée sur les dons et les contreparties.

My Pharma Company a lancé une plateforme experte européenne de financement participatif (crowdfunding) en mode Royaltie. Son premier projet à financer, c’est My Pharma Company elle-même, à hauteur de 250 000€ ! Une manière de rôder la plate-forme. Une vingtaine de projets sont déjà en lice dont deux seront bientôt en ligne : TumorTrack, un cibleur de tumeur mobile pour le traitement des cancers du poumon et du foie et AlairZen Dog&Cat, un traitement innovant contre l’allergie aux animaux domestiques. Des projets à des phases avancées de leur développement et à la recherche de financement pour les dernières étapes avant la commercialisation.

Fondée par Fabrice Beauchène en juin 2012 , spécialisé dans la recherche clinique, avec une dizaine d’associés (1). La vocation de My Pharma Company est d’investir et d’accélérer le développement de nouveaux médicaments et traitements dans le domaine de la santé. Son financement non dilutif et complémentaire aux autres sources de financement (capital risque) en fait un nouvel outil au service des bio-entrepreneurs. Les souscripteurs seront des particuliers, des associations, des entreprises, des investisseurs.  Ils profiteront d’un retour d’investissement unique et autre particularité : ils achèteront des points de R&D qu’ils pourront revendre quand ils voudront sortir. “Auprès de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers), nous avons vérifié que nous n’étions pas assujettis au droit de la finances mais au droit commercial, car il ne s’agit ni de prêts, ni de capital, ni de titre financiers. Nous allons financer les projets avec le chiffre d’affaire des revenus futurs. Si la société avance dans son programme de recherche, les investisseurs peuvent échanger des points de recherche grâce à des transactions gré à gré.  Ces points de R&D sont cessibles, transmissibles et amortissables. C’est un nouveau véhicule d’investissement qui va permettre de financer la “Vallée de la mort”. Les fonds Junker ou d’autres fonds européens ont une volonté de réinjecter de l’investissement et sont intéressés par notre modèle » affirme Fabrice Beauchène.

L’AFSSI (Association Française des sociétés de services et d’innovation) salue « une opportunité formidable pour la filière santé ». Présidée par Claude-Alain Cudennec, cette association fédère 300 entreprises (représentant 843 M€ de CA) et entend être leur porte-parole. L’AFSSI se mobilise pour que ses membres puissent bénéficier des fonds du Plan Juncker pour les PME. Ses adhérents ont répondu à un questionnaire qui fait état globalement de 100 M€ de besoins de financements. Une telle solution devrait leur permettre de financer les phases de cliniques précoces pour apporter la preuve de concept et les phases d’efficacité/sécurité requis par les dispositifs médicaux ou de diagnostic innovants.

Si récemment des plateformes de crowfunding généralistes ont pu financer quelques beaux projets de biotechs santé, mieux vaut pour autant des plateformes spécialisées détenant une réelle expertise pour garantir la sécurité et la confiance des investisseurs particuliers (niveau prudentiel). « Les start-ups doivent faire face à de nombreux challenges dans un environnement de plus en plus réglementé. Dans ce cadre, les ressources apportées (management, affaires cliniques, réglementaires et réseaux) sont aussi importants que le financement lui-même » explique Thierry de Catheu, directeur de Hoolders Santé, qui s’est entouré de spécialistes issus du monde médical et des industries de santé (Pharma, biotechs, medtechs) et met en place un écosystème où toutes les expertises de la communauté « Santé » pourront être sollicitées.

Thérèse Bouveret

(1) Laurent Lévy, responsable du Cancéropôle de Lyon, spécialisé dans les molécules, Denis Henrard, dirigeant de Venomtech (avec des compétences en business marché, licencing, PI), ou encore Gilles Petitot (en communication)