Des travaux de recherche menés par Nouchine Hadjikhani (Martinos Center for Biomedical Imaging, Harvard Medical School, Boston, Etats-Unis et Université de Gothenburg, Suède), Eric Lemonnier (Centre Hospitalier Universitaire, Limoges, France) et Yehezkel Ben-Ari (Neurochlore, Marseille, France) viennent de démontrer que la bumétanide, antagoniste du NKCC1 (récepteur membranaire qui importe les ions chlore à l’intérieur des neurones), réduit les signaux de peur induits par un contact visuel chez les patients atteints de troubles du spectre autistique. Leurs résultats suggèrent que la bumétanide pourrait améliorer certains aspects des interactions sociales chez ces patients. Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Scientific Reports datée du 26 février 2018.

L’autisme est un trouble neurodéveloppemental qui se manifeste par des difficultés à établir des interactions sociales et à communiquer ainsi que par une tendance à adopter des comportements répétitifs. Il dépend largement de facteurs génétiques, puisque des centaines de mutations géniques sont associés aux troubles du spectre de l’autisme, mais également de facteurs environnementaux affectant la mère pendant la grossesse, période au cours de laquelle commence à se développer l’autisme. On ignore cependant encore l’origine des malformations du cerveau responsables de l’autisme et la façon dont celles-ci conduisent à ces troubles neurologiques. Environ un enfant sur 100 est atteint d’un trouble autistique et à ce jour aucun traitement n’est disponible. La prise en charge de la maladie repose sur des thérapies éducatives et comportementales personnalisées.

Les travaux des Dr. Hadjikhani, Lemonnier et Ben-Ari ont précédemment révélé le potentiel de la bumétadine dans le traitement des troubles du spectre autistique. Dans des modèles animaux, ils ont montré que la bumétadine réduit les concentrations anormalement élevées d’ions chlore dans les neurones et les symptômes comportementaux de l’autisme. Enfin, dans une série d’essais cliniques (deux essais de phase 2 randomisées et une étude pilote), ils ont confirmé que la bumétadine atténuait les symptômes et les troubles du comportement d’enfants autistes et activait les régions du cerveau impliquées dans les interactions sociales et la gestion des émotions. Restait à savoir si la bumétadine avait également un effet sur la peur du contact visuel, un symptôme clé puisqu’il réduit la communication et donc la sociabilité de ces patients. Grâce à l’imagerie cérébrale, les scientifiques ont également montré que cette peur était associée à une hyperactivation des régions du cerveau impliquées dans le traitement des visages, notamment de l’amygdale.

Communiqué de presse