Santé humaine

Brève

Les lymphocytes T invariants associés aux muqueuses (MAIT) responsables de l’inflammation et la fibrose dans les maladies chroniques du foie

Lymphocite T - crédit Inserm
Lymphocite T – crédit Inserm

En France, 200 000 à 500 000 individus sont atteints de cirrhose et, en Europe, plus de 170 000 décès par an sont liés à cette maladie qui aboutit à une insuffisance hépatique dont le seul traitement curatif est, à ce jour, une transplantation hépatique. La cirrhose représente le dernier stade évolutif de la fibrose associée aux maladies chroniques du foie, qu’elles soient causées par l’abus d’alcool, une hépatite virale chronique, une stéatopathie métabolique,…

Plusieurs équipes de l’Université Paris Diderot, de l’hôpital Beaujon AP-HP et de l’Institut Cochin (centre de recherche sur l’inflammation en collaboration avec des services d’anesthésieréanimation, d’anatomopathologie et d’hépatologie) se sont intéressées au rôle d’une population particulière de lymphocytes, les lymphocytes T invariants associés aux muqueuses (appelés MAIT).

Leurs travaux montrent qu’au cours de la cirrhose, les cellules MAIT du foie et du sang sont activées et s’accumulent dans le foie au contact des cellules fibrogéniques. Ainsi, in vivo, dans un modèle de souris enrichies en cellules MAIT, la fibrose est exacerbée tandis qu’au contraire, les souris déficientes en MAIT sont résistantes au processus fibrogène.
Par ailleurs, des études in vitro démontrent une interaction des cellules MAIT avec les macrophages – ce qui augmente leurs propriétés inflammatoires – et avec les myofibrolastes hépatiques, ce qui stimule leurs propriétés profibrogéniques.

La découverte de ce rôle majeur des cellules MAIT dans l’inflammation et la fibrose associées aux maladies chroniques du foie ouvre donc la voie à une approche thérapeutique antifibrogénique qui ciblerait ces cellules.
Nature communications 1er juin 2018