Agro-environnementAgriculture

Édito

“L’innovation, c’est faire un pas de côté”

 

La 4ème édition de BPIfrance Inno Génération (BIG) a rassemblé 43.000 entrepreneurs « qui font le monde de demain » le 11 octobre à Paris. Sur la scène de ce BIG, surnommée BANG, défilaient les patrons de grands groupes. Ils témoignaient de la transformation en cours dans leurs sociétés : numérique, management horizontal, cybersécurité, formation…. Surgit Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation (MESRI). « L’innovation, je suis convaincue que c’est faire un pas de côté », a-t-elle déclaré, déclinant son parcours d’innov-actrice. D’abord présidente de la faculté des sciences de l’Université de Nice, à Grasse, où elle regroupé chimistes et industriels du parfum pour démarrer une plateforme technologique sur les parfums et arômes (cofinancée avec partenariats publics-privés), installé un incubateur et des masters spécialisés pour que les étudiants puisse se former au meilleur des technologies en termes de chimie, créer leur start-up et où les entrepreneurs trouvent de l’expertise, de la capacité à innover dans leur environnement. Prise de risque encore, quand elle se présente pour être la présidente de toutes les facultés de l’Université de Nice-Sophia Antipolis avec l’ambition de faire de cette université de 30.000 étudiants une université d’excellence, en capacité à travailler avec le monde de l’entreprise, tant elle est convaincue de la nécessité de « faire des universités les usines du 19ème siècle ». Nouveau défi avec sa nomination en tant que ministre du gouvernement Macron en mai 2017 « qui nous a conduit 16 mois plus tard à mettre en place avec Bruno Lemaire, la loi PACTE».

Au BIG, on remarquait un pôle thématique sur les protéines du futur, un secteur encouragé par Bpifrance. A la veille de l’ouverture du SIAL (Salon International de l’Alimentation) à Villepinte, était remis le 17 octobre le rapport concernant la fusion de l’INRA et de l’IRSTEA, par leurs présidents respectifs, Thierry Mauguin et Marc Michel, à Frédérique Vidal et Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, nommé 48 h plus tôt dans le cadre du remaniement ministériel. La lettre de mission confiée aux deux instituts par Frédérique Vidal était de travailler sur la fusion qui interviendra en janvier 2020. « Le rapport met en évidence la pertinence scientifique de cette fusion. Les compétences au sein de l’INRA (Institut National de la recherche agronomique) sont différentes de celles de l’IRSTEA (Institut de la recherche scientifique et technologique sur l’environnement et l’agriculture). Lorsque l’on va parler de la question des intrants, par exemple, nous disposons au sein de l’INRA de tout ce qui va être symbiose, amélioration des espèces, (…), et tout l’aspect numérique, surveillance des intrants, relève plutôt des compétences de l’IRSTEA. Dans le programme de recherche sur la sortie du glyphosate, est-ce qu’il y a pertinence pour qu’elles travaillent ensemble ? La réponse scientifique est clairement oui. Actuellement, les deux instituts ont seulement une unité mixte, c’est bien la preuve qu’il y aura des synergies qui pourront se mettre en place par la suite » poursuit la ministre qui a annoncé la mise à disposition d’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 4 millions d’euros destinée à la convergence des deux organismes. L’acronyme du nouvel Institut n’est pas encore tranché.