IndustrieAlimentation

Édito

Réindustrialiser la France : sportif !

 

Ils étaient 124 skippers à prendre le départ de la Course du Rhum le 4 novembre à Saint-Malo.  Tous sponsorisés  comme le bateau « Solidaires En Peloton – ARSEP ». La Fondation l’ARSEP a choisi la mer pour faire connaître la sclérose en plaque : «Porteurs d’espoirs : Vaincre ensemble la sclérose en plaque » va s’afficher à pleine voile. Sanofi Genzyme est partenaire de ce double projet sportif et sociétal, à l’heure où Sanofi vient de signer un accord de partenariat de recherche avec Denali Therapeutics à Boston (131 salariés) pour trouver des solutions scientifiques à cette maladie neurodégénérative qui touche 2 millions de personnes dans le monde dont 75% de femmes. En France, 100 000 cas dont 700 enfants et 5000 nouveaux cas déclarés chaque année.

On suivra aussi le trimaran de Pierre Antoine qui en est à sa troisième route du Rhum, sponsorisé cette fois par Olmix avec sa marque« Merci les algues ». Un rien provocateur sachant que la course va arriver à Pointe à Pitre en Guadeloupe dans la mer des Sargasses où les algues toxiques envahissent les côtes. « Olmix a des solutions, nous pouvons retraiter les algues (250 Mt),  pour en faire une agriculture raisonnée aux Antilles, grâce au projet SAGA (Solutions alternatives grâce aux algues)» lance Hervé Balusson, le Pdg de cette ETI (Entreprise de taille intermédiaire) bretonne de près de 1000 salariés dont le siège est situé dans le Morbihan. Un sacré personnage !

Hervé Balusson a réussi en vingt ans à tracer une véritable saga des algues vertes, brunes ou rouges. Le Groupe Olmix couvre toute la chaîne de production : depuis le ramassage des algues (toxiques !) sur les côtes bretonnes ou leur culture (algoculture) et leur extraction jusqu’à leur transformation pour la nutrition des animaux d’élevage et aux viandes SAGA pour l’alimentation humaine.  Les déchets des algues sont même retraités pour en faire des engrais pour le sol.  Des produits exportés dans le monde entier : 80% du CA est à l’international. Soutenu par BPIfrance et par la BEI (Banque Européenne d’investissement), Hervé Balusson est de tous les combats quand il s’agit de promouvoir la transition de l’agriculture. Et c’est un porte-parole sur tous les continents : Asie, Afrique, Amérique du Sud.  Récemment, dans une région industrielle sinistrée, celle de l’usine de poulets Doux, il rachète deux usines de découpe de dindes, la SOVIPOR à la Trinité Porhouet dans le Morbihan, et une autre à Merdrignac dans les Côtes d’Armor. Cette nouvelle usine découpera 16.000 dindes par semaine élevées sans antibiotiques grâce aux algues qui renforcent les défenses immunitaires des animaux. Hervé Balusson entend poursuivre le combat d’une viande sans antibiotiques avec les filières porc et bœuf SAGA où il a déjà un marché… en Chine. « Les éleveurs et transformateurs de poulets ont fait faillite en voulant vendre moins cher que moins cher, nous voulons vendre plus cher. A commencer par les collectivités locales (écoles, hôpitaux), de la région d’abord. Et dans les magasins des centre villes où les gens sont prêts à payer 40 ou 50 euros le kg de bœuf». Le combat n’est pas encore gagné même si les bénéfices pour la santé sont évidents. « Aujourd’hui, il faut qu’on recherche une alternative dynamique à la façon dont on produit, dont on consomme. Il va falloir rémunérer les éleveurs » assène-t-il. Santé !