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Brève

Une nouvelle piste d’anticancéreux prometteuse

 

 

Pour se développer en permanence, les cellules cancéreuses neutralisent l’activation de la mort programmée ou apoptose qui est un processus commun à toutes les cellules. Des chercheurs hongrois et français du laboratoire Servier ont trouvé le moyen de rétablir ce mécanisme dans les cellules cancéreuses grâce à un inhibiteur ciblant une protéine clé appelée MCL1. Les effets de ce produit, publiés dans la revue Nature, sont surprenants.

Le S63845 induit la mort de la plupart des lignées de cancers du sang, que ce soit de myélome multiple, de lymphome, de leucémies myéloïdes chronique ou aiguë. Chez la souris, il a même permis d’éradiquer les tumeurs d’un lymphome ou de cellules de leucémie myéloïde aiguë humaines injectées dans les animaux. Mieux encore, combiné in vitro à des inhibiteurs de tyrosine kinase déjà utilisés contre certains cancers, il s’est avéré toxique contre des cellules de cancer du sein, du poumon ou de mélanome humaines. Les tests chez la souris ont montré qu’il était bien toléré et ne présentait pas d’effets indésirables aux doses efficaces. Ce travail confirme que les protéines de l’apoptose sont une cible à privilégier dans la mise au point de nouveaux anticancéreux. En janvier, un premier essai clinique du venetoclax, un inhibiteur d’une autre protéine centrale de l’apoptose appelée BCL2, auprès de 116 patients atteints de leucémie lymphoïde chronique a entraîné une régression du cancer chez près de 80 % d’entre eux et même sa rémission complète dans 20 % des cas. L’étude, publiée dans la revue The New England of Medicine, était financée par les laboratoires AbbVie et Genentech. La protéine MEL1 apparaît donc comme une cible encore plus intéressante dans la mise au point de futurs produits anticancéreux, et le S63845 comme prioritaire pour de futurs essais cliniques.

Nature, 538, 477 (19 octobre 2016).

Pierre Kaldy