Santé humaineDiagnostics

Édito

Une transformation en profondeur

Lors de la présentation de la transformation du système de santé le 18 septembre, Emmanuel Macron en a appelé à un changement de paradigme, d’une ampleur équivalente au tournant de 1958 marqué par l’organisation des centres hospitaliers universitaires (CHU) « pour s’adapter aux évolutions de la science et de notre société, aux nouvelles pathologies et besoins de soins des patients, aux enjeux de la recherche et de l’innovation, pour s’adapter à vos aspirations de soignants et recentrer notre système autour du patient ». Les effets n’en seront visibles que dans 10 à 15 ans, a-t-il prévenu. Le Président de la République souligne la « Tension financière (…) liée aux défis du vieillissement, du développement des pathologies chroniques, aux coûts des innovations thérapeutiques qui mettent à l’épreuve notre capacité à préserver dans la durée notre modèle de santé solidaire auquel nos concitoyens sont fondamentalement attachés ». En un mot « C’est le modèle d’organisation du système de santé qui est à revoir » car « il n’est plus adapté ni à la demande, ni à l’offre de soins ».

« A l’heure de l’intelligence artificielle, ce que nous devons déployer-là c’est le système numérique. Ce qui est en train d’advenir, c’est une révolution profonde de la pratique médicale ». Via la télémédecine notamment. En effet, les communautés devront couvrir entre 20 000 et 100 000 patients d’ici à 202, démarches incitatives à la clé.

« Le plan de santé 2022 est axé sur la coordination des acteurs du système » se réjouit François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDB), qui est le nouveau président du Centre national des professions de santé (CNPS, libéraux de santé). La tendance du secteur de la biologie privée est à forte concentration puisque « nous sommes dans une biologie industrielle ». « Ça arrive aujourd’hui et cela fait 15 ans qu’on plaide ça. Pour la première fois, nous sommes entendus à la CNAM (Centre national d’assurance maladie) pour aboutir à des rémunérations sur des objectifs de soins. Il y a une nouvelle technologie qui arrive (IA), au lit du patient, et on reste sur un système assez figé, prescrit-prescripteur, avec un paiement à l’acte. La DGS (Direction générale de la santé) est d’accord et le Président Macron a annoncé la fin du paiement à l’acte et le passage au forfait sur deux pathologies essentielles (insuffisance rénale et diabète) ». Le Président s’est engagé à investir 400 M€ supplémentaires du Plan des investissements d’avenir sur ces priorités en matière de santé et d’investissements de transformation pour l’année prochaine.

« La France consacre aujourd’hui à peu près 11,5 % de son produit intérieur brut (au système de santé), ce qui nous situe au 3ème rang des pays de l’OCDE après les Etats-Unis et la Suisse et devant l’Allemagne, la Suède ou le Japon »a-t-il rappelé. En matière de recherche, le budget annoncé par le gouvernement le 28 septembre n’atteint pas encore 1% du PIB mais 0,79 % malgré une hausse de 550 millions d’euros : 376 millions vont à la recherche, l’autre part à l’enseignement supérieur ; environ 50 M€ pour les laboratoires et à 30 M€ pour l’Agence nationale de la recherche (ANR). Une hausse relative donc puisqu’elle correspond à l’inflation. Pour la recherche, la France arrive après l’Allemagne. Philippe Tcheng, élu président du Leem le 11 septembre, disait lors des journées d’été du Medef fin août que la France décrochait dans la recherche et la production de médicaments.