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Vita Nova : mettre en culture les biotechs

La rencontre Vita Nova qui s’est déroulée les 18 et 19 septembre à Paris dans le cadre du Festival vivant, a réussi son pari : ouvrir les espaces artistiques et scientifiques pour une agora citoyenne à propos des projets biotechniques. Plus de deux cents personnes ont pu découvrir les œuvres d’une quinzaine d’artistes incarnant des expériences : interdépendance et fragilité des vivants (Golnaz Behrouznia), traces éphémères à conserver dans le granit (David Guez), extinctions des élevages devenus vulnérables (Louis Rigaud), hybrides imaginaires (Sarah Garzoni), organes de confort (Mael Le Mée)… L’événement a surpris en proposant aussi des conférences interactives. Le biologiste Guillaume Lecointre (conseiller scientifique du président Muséum d’histoire naturelle de Paris), a participé à un dialogue en duo avec l’artiste technonaturaliste, Catherine Voison,

Philippe Marlière, fondateur de Isthmus et Global Bioénergies a témoigné de la dimension artistique de l’exploration scientifique du vivant dans un débat consacré à l’expérience interdite introduite par la vidéo poignante de Maël Le Mée, intitulée La fabrication d’un poulet. Les visiteurs ont apprécié aussi l’intervention de Rémi Sussan (InternetActus) pleine de paradoxes entre complexité et simplicité. Marie Gabrielle Jouan, cofondatrice de la start up BGene a insisté pour montrer que la biologie de synthèse est une ressource pour résoudre les défis environnementaux et climatiques.

Rebattre les termes du débat sur le vivant

En présentant un Archipel du vivant contrasté, cette manifestation permet de rebattre les termes du débat social à propos du vivant : la cohabitation (voire la coévolution) des choix technologiques et des êtres qui en découle semble primordiale. La conférence finale du philosophe et médecin Miguel Benasayag fut à cet égard très éclairante. « Le digital, troisième révolution après celle du langage et de l’écriture, nous fait désormais capter le monde à 90% à travers des intermédiaires techniques, a-t-il souligné. Le programme semble devenir plus important que la vie. La colonisation par les codes est un fait mais il faut nous interroger : comment peut-on faire pour que cette hybridation aille dans le sens du vivant ? Pour Benasayag, le critère est l’organicité : nous avons le choix entre construire en mode lego, sans rétroaction, et « tenir compte des contraintes des organismes qui protègent le vivant ». Un appel à composer parce que le vital c’est la relation.

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Dorothée Browaeys

Tribune Libre de Dorothée Browaeys, coordinatrice en France du programme européen Synenergene