Pour la 16ème édition du panorama de France HealthTech réalisé en partenariat avec Euronext, BPIfrance et E&Y, Maryvonne Hiance, présidente de l’Association France Biotech, a souligné la vitalité du secteur regroupant biotech et medtech dans le domaine de la santé. Cette année, 365 start-up et PME innovantes ont participé à cette étude, soit 200 de plus qu’en 2008.

« A cette époque, en 2008, le Panorama intégrait quasi-exclusivement des entreprises de biotechnologie. Aujourd’hui, la moitié des répondants sont des acteurs des dispositifs médicaux, de l’Intelligence artificielle, du diagnostic ou de la santé connectée. Ce panorama 2018 est clairement à l’image de notre écosystème français de la HealthTech : bouillonnant et multi-technologique» écrit-elle dans l’introduction du rapport.

Près d’un tiers des sociétés de cet échantillon déclarent utiliser ou avoir utilisé des technologies d’IA ou de big data pour leurs activités tandis que les deux-tiers comptent les utiliser à l’avenir.

« Voici un autre signe de vitalité : 41 % des entreprises du Panorama 2018 ont moins de 5 ans. Cette vague de jeunes pousses n’empêche pas notre ?filière d’avoir gagné en maturité. Il y a 10 ans, la majorité de nos entreprises de biotechnologie était mono-produit. En 2018, le nombre moyen de produits par biotech est de 2,8. Toutes ensemble, les biotech de notre panel comptabilisent 386 produits en développement. C’est-à-dire beaucoup plus que les 233 produits actuellement en développement dans le pipeline des 5 principaux acteurs de l’industrie pharmaceutique française (Sanofi, Ipsen, Servier, Pierre Fabre et le LFB). »

D’où l’orientation prise avec détermination par France Biotech d’œuvrer à renforcer les partenariats publics-privés dans le secteur. Un groupe de travail dédié a été créé en juillet 2017, piloté par Franck Mouthon, administrateur et membre du bureau de France Biotech. «L’ambition est aussi bien de sécuriser les transferts d’actifs à la création de l’entreprise que de les promouvoir tout au long de son développement, » explique le PDG de Theranexus qui a dévoilé lors de la soirée annuelle, le 6 décembre 2018, les résultats d’une enquête proposant des solutions pragmatiques pour fluidifier le transfert technologique. Cette enquête menée auprès des entreprises françaises innovantes en santé avait pour objectif d’identifier les difficultés qu’elles rencontrent sur le terrain. Le questionnaire a été élaboré avec les Offices du Transfert de Technologies (OTT), parties prenantes de ce projet : INSERM, SATT, CNRS, Institut Pasteur ou CEA .

Les résultats montrent que les entrepreneurs sont confrontés à trois problèmes en particulier : les délais de mise en place des accords (72,7%), la notion de copropriété entre les différentes tutelles académiques (37,9%) et enfin la négociation des conditions financières (28,8%).

L’enquête, qui sera renouvelée tous les ans, confirme notamment le bénéfice d’avoir un mandataire et un interlocuteur unique pour faciliter les échanges.

L’objectif est de proposer des process structurés en plusieurs étapes pour parvenir à la signature d’un accord dans un délai de 10 mois maximum, alors que le délai moyen aujourd’hui s’établit à 17,5 mois. Et de nommer un médiateur pour éviter que les entreprises renoncent avant la mise en place d’un accord (12% des sociétés). Une table ronde sur les enjeux du TT rassemblait Pascale Augé, directrice d’Inserm Tranfert, Maylis Chusseau, directrice d’Aquitaine Science Transfert et présidente du réseau C.U.R.I.E., et Nicolas Carboni, ex-directeur de la SATT Conectus, nommé en septembre dernier à la direction du Plan Deeptech (technologies du rupture) déployé par la BPI, « domaine dans lequel le gouvernement veut faire de la France un pays phare ». Tous trois bien résolus à lever les obstacles. Issu de ce groupe de travail, un observatoire du TT dédié à la Santé a été créé par Bpifrance et France Biotech, et une formation sur le TT lancée avec le Réseau C.U.R.I.E.